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Arrestation de malfrats : Un endormeur et deux faux militaires dans la nasse

| 07.05.2014
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Arrestation de malfrats : Un endormeur et deux faux militaires dans la nasse
© DR / Autre Presse
Arrestation de malfrats : Un endormeur et deux faux militaires dans la nasse
Un conseil d'ami : si vous voyagez avec un car de transport en commun, évitez de manger les aliments que vous offre votre voisin, car ils ne sont pas toujours sains. La Gendarmerie de Brigade ville de Boulmiougou a mis la main sur un individu qui endormait les passagers à l'aide de biscuits contenant du somnifère avant de les dépouiller de leurs biens, notamment les ordinateurs portables. Cet endormeur au biscuit ainsi que deux faux militaires, Issouf Sakandé, alias «Sergent», et Innocent Yaméogo, dit «Sapeur», auteurs de multiples vols à mains armées, ont été présentés à la presse le mardi 6 mai 2014.

De la petite cellule où ils étaient embastillés, on les fait enfin sortir, juste le temps de les transférer dans une autre salle où ils doivent s'habiller pour être présentés aux journalistes.

Torses nus, menottées, petites culottes de propreté douteuse, au nombre de trois, ces détenus avancent lentement, têtes baissés. La scène est pitoyable.

Mais qu'est-ce qu'ils ont pu bien faire pour mériter pareil traitement ? se demandent certainement des invités dans les rangs. Le Commandant de la Brigade ville de Boulmiougou, l'adjudant-chef major Kadère Zouré, qui avait à ses côtés le Commandant de Compagnie de Kadiogo, Issa Paré, et le major Rim Franck Kaboré, détend l'atmosphère à couper au couteau en précisant qu'il s'agit de deux cas. L'un est auteur d'un vol avec usage de somnifère et les deux autres auteurs d'attaques multiples avec usage d'armes à feu.

L'auteur du premier cas, Sieur Norbert Sawadogo, identifiait au préalable sa victime, possesseur d'un ordinateur portable, au sein des compagnies de transport. Au cours du voyage, il s'arrange pour être le voisin de l'infortuné avec qui il sympathisera. Il l'invite à se servir un biscuit. Erreur fatale : cet aliment contient un somnifère. Un voyageur l'a appris à ses dépens le 30 janvier 2014, alors qu'il était en partance pour Fada.

«Il (le voleur : ndlr) est venu s'asseoir à côté de moi et m'a d'abord proposé du lotus parce qu'il faisait chaud. Moi aussi j'avais des œufs bouillis et je lui en ai offert. Il m'a ensuite fait savoir qu'il avait des biscuits, mais faute d'eau il ne pouvait pas en manger. J'ai alors payé un sachet pour lui puis, il m'a invité à partager son biscuit. J'ai d'abord refusé, mais il a insisté en disant que, lui, il a déjà eu à manger mon œuf. C'est ainsi que j'ai accepté son invitation en me servant un seul biscuit. Après quoi il m'a donné son téléphone portable pour le mettre à l'heure. Je n'ai plus su comment le sommeil m'a pris et j'ai dormi jusqu'à destination pour ne me réveiller que le lendemain dans une clinique où j'ai subi une cure de désintoxication», a témoigné cette victime qui a été dépouillée de son ordinateur portable, de ses deux téléphones portables, d'une somme de 170 000 FCFA, de clés USB et d'une paire de chaussures.

Après avoir enregistré beaucoup de plaintes concernant ce mode opératoire, les éléments de la gendarmerie de Boulmiougou ne tarderont pas à mettre le grappin sur l'auteur des faits qui tentait d'écouler un ordinateur. Mais ce dernier a nié tout en bloc. Pour tout compliquer, aucune preuve n'a pu être trouvée.

«Malgré les perquisitions minutieuses au domicile de Sawadogo Norbert, aucun produit ou objet en rapport avec les faits incriminés n'a pu être découvert. Toutefois, l'enquête reste ouverte», a confié l'adjudant-chef major Zouré. En attendant, c'est en lieu sûr que l'accusé médite sur son sort.

C'est le cas aussi de Innocent Yaméogo, alias «Sapeur», et Issouf Sakandé, dit «Sergent», auteurs de vols multiples à usage d'armes à feu. Agés respectivement de 25 et 29 ans, ils se faisaient passer pour des militaires grâce à des tenues qu'ils ont pu acquérir et une arme à feu dérobée à un vigile pendant son sommeil. «Pour commettre leurs forfaits, ces hors-la-loi avaient eu une ingénieuse idée. Revêtus de l'uniforme et armés du fusil, ils mettaient à profit l'obscurité pour se poster à des endroits stratégiques. Au moment opportun, ils surgissent de leurs cachettes et procèdent à l'arrestation des passants, prétextant un contrôle d'identité. Pendant que le porteur de l'arme tient la victime en respect, le second la fouille à la recherche d'argent et d'autres objets de valeur. Une fois l'opération terminée, ils disparaissent dans la pénombre tout en localisant un autre endroit où ils mettront à nouveau en place leur guet-apens», a expliqué l'animateur principal de la rencontre.

A écouter les forces de l'ordre, il leur a fallu beaucoup de tact pour remonter la pente et démasquer ces usurpateurs de titre, car leurs proches et même leurs épouses les considéraient comme de vrais soldats.

Alima Koanda

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