Secteur 19 de Ouagadougou : Une unité illégale de production d’eau minérale saisie

| 28.10.2013
Réagir
Secteur 19 de Ouagadougou  : Une unité illégale de production d’eau minérale saisie
© DR / Autre Presse
Secteur 19 de Ouagadougou : Une unité illégale de production d’eau minérale saisie
« Majestic Eau de vie » est une unité de production d'eau minérale basée à Somgandé. Pour pratique illégale, cette usine, située dans l'arrondissement 4 de Ouagadougou, non loin de la salle de ciné, a été saisie par la Brigade ville de gendarmerie de Boulmiougou. Son promoteur exerçait sans un quelconque document l'y autorisant. Il a été également constaté que « Majestic Eau de vie » utilisait frauduleusement l'eau de l'ONEA et ne payait ni facture ni impôt. L'opération qui a été menée le 26 octobre dernier a conduit également à l'arrestation des travailleurs de l'usine.

La production d'eau minérale est un secteur d'activité florissant au Burkina. Si on se réjouit du fait que les promoteurs de ce secteur créent des emplois, il y a lieu de s'inquiéter des conditions dans lesquelles ces eaux sont traitées et mises en sachets. La descente qu'a opéré la Brigade ville de gendarmerie de Boulmiougou dans l'usine de production d'eau en sachets « Majectic Eau de vie » au secteur 19 de Ouagadougou (Somgandé) a permis, une fois de plus, de constater que peu de ceux qui exercent cette activité observent les règles d'hygiène.
En effet, instruite par son chef de service, une équipe de l'ONEA, conduite par Samuel Toé, a rendu une visite peu ordinaire aux occupants de cette cour dans laquelle une usine de traitement d'eau est installée. Un des agents releveurs de cette société y a constaté une consommation excessive et anormale d'eau. « Effectivement, quand nous y sommes arrivés, les occupants des lieux n'ont pas voulu que nous allions vers nos installations, à plus forte raison y toucher, malgré nos tenues de service qui nous identifient », a expliqué le chef d'équipe. Les visiteurs indésirables se sont heurtés au courroux des employés de l'usine qui les ont priés de rebrousser chemin. Mais ceux-ci leur ont montré qu'en tant qu'agents de l'ONEA, ils avaient le droit de venir contrôler ou entretenir leurs installations. A l'« intérieur, nous avons vu qu'il y avait des polytanks de 2 000 litres qui sont installés mais notre compteur n'enregistre rien comme consommation, bien que ces gens travaillent avec l'eau de la société », a confié Samuel Toé.

Procédant à des fouilles, l'équipe de l'ONEA a remarqué des installations parallèles de conduites d'eau faites par le patron de l'usine. Ce qui explique que l'eau ne passait plus par le compteur de l'ONEA mais allait directement dans les fûts et à l'usine pour être conditionnée dans des sachets. Et comme seul dispositif de traitement de ces eaux, on a pu observer qu' à partir des polytanks, l'eau est recueillie dans des tubes à filtre au niveau de l'usine, avant d'être mise en sachets par les machines.

En présence des représentants de l'ONEA, les contrevenants ont reconnu les anomalies constatées par l'agent releveur, surtout le circuit de branchement d'eau qui a été truqué et dévié du réseau de l'ONEA vers les polytanks. La forte présence des forces de sécurité, conduites par le commandant de ladite Brigade ville, a facilité le travail quand bien même le patron de la troupe a refusé tout commentaire y relatif à la presse. L'opération qui a duré plus de trois heures a abouti à la saisie, par la gendarmerie, de tout support de production de l'usine. En effet, celle-ci y a embarqué et confisqué, entre autres, des machines de production, des employés de l'usine et le camion de livraison. L'ONEA a, elle aussi, débranché et emporté tout ce qui lui appartenait. Pratique illégale, vol, fraude, faux et usage de faux sont, entres autres, les chefs d'accusation qui pèsent sur le patron de cet atelier, de nationalité étrangère, qui serait absent lors de l'opération.

Armel ILBOUDO

Publicité Publicité

Commentaires

Publicité Publicité