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Avenue Joseph-Ouédraogo à Gounghin : Six heures de blocus d’un justiciable

| 21.05.2014
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Monsieur Adama Pascal KALMOGO, ex-commerçant sur l’avenue Joseph Ouédraogo dans le quartier Gounghin de Ouagadougou. Son contact : tél(00226)70 30 02 64
© DR / Autre Presse
Monsieur Adama Pascal KALMOGO, ex-commerçant sur l’avenue Joseph Ouédraogo dans le quartier Gounghin de Ouagadougou. Son contact : tél(00226)70 30 02 64
Il s'appelle Adama Pascal Kalmogo se présentant comme un ex-commerçant dont l'activité a été injustement arrêtée sur décision de justice, par suite d'une fausse accusation. Pour la deuxième fois, après celle de 2012, il a bloqué l'avenue Joseph-Ouédraogo de la capitale, sise à Gounghin de 3 heures du matin à 9 heures. Il voulait, par cette action, interpeller le président du Faso sur son sort, mais la police municipale, dans une ambiance surchauffée, a démantelé le dispositif impressionnant qui contraignait les usagers à changer de voie.
Il a mis les gros moyens pour atteindre son objectif : bloquer la voie afin de se faire entendre. Le décor était présenté : huit (8) gros chevrons plantés tout au long de la voie et soutenus par une longue banderole aux extrémités de laquelle on pouvait voir deux colombes en plein vol avec des ailes largement déployées et le message qui y était inscrit en grand caractère est sans équivoque : un honnête citoyen burkinabè en détresse appelle le président du Faso à son secours.

Les poteaux étaient reliés par de longues traverses transformant le dispositif en un grand écran. Assis sur un fauteuil rembourré et de couleur blanche, le plaignant ne semblait pas êre perturbé par les regards et les commentaires des passants. Interrogé sur le motif de son geste, il nous confie : «je suis Kalmogo Adama Pascal, un ex-commerçant résidant à Ouaga, j'exerçais en toute légalité mon métier dans le domaine de la production des films parce que représentant d'une maison AFIR Pictur. Un jour, deux gendarmes sont venus m'arrêter sans que je ne sache pourquoi ; après 11 jours à la Maison d'arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), le BBDA m'a traduit en justice m'accusant de pirater des œuvres ; pourtant, de tout le matériel saisi, on n'a rien décelé d'illégal. J'ai, malgré tout, été condamné à un an d'emprisonnement avec sursis et une amende de 5 millions.

Les jeunes du quartier n'ont pas approuvé l'intervention de la police

J'ai fait appel de cette décision, mais depuis 4 ans, rien ne bouge dans le dossier en dépit de mes multiples démarches. C'est ce qui m'a amené dans la rue en 2012 et le ministre des Droits humains d'alors, Albert Ouédraogo, avait promis que les choses bougeraient, mais rien n'y fit. Croyant à la continuité de l'Administration, j'ai voulu contacter son successeur pour voir mon cas, mais on n'a pas voulu me recevoir. Je veux qu'on me prouve en quoi est ce que mon activité est illégale. Comme les juges, les procureurs et les ministres ne semblent pas comprendre ma situation, j'en appelle au président du Faso, je lui demande de m'aider pour que l'injustice dont je suis victime soit réparée».

Le blocus de la rue a été fait juste à côté de son ancienne boutique maintenant fermée dont le plaignant espère la réouverture. C'est aux environs de 9 heures que la police municipale est venue démanteler le dispositif sans que son auteur ne s'y oppose.

Toutefois, les jeunes du quartier, très remontés, ont crié leur mécontentement aux policiers et on a même frôlé l'affrontement. Espérons qu'après cette deuxième sortie de ce justiciable les choses bougeront.

Abdou Karim Sawadogo

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