Situation tendue
Les représentants des populations, les responsables de la CCVC-Sanguié et du MBDHP ont rencontré les journalistes pour parler de la situation qui prévaut dans la mine de la société Nantou Mining.
Le village de Perkoua dans la province du Sanguié, région du Centre-Ouest, abrite l’une des plus grandes mines de zinc au monde, avec une capacité de production de 6,9 millions de tonnes de minerais sur une superficie de 6,24 km2. Malgré la richesse du sous-sol de Perkoua, sa population, à l’instar des autres populations du pays, croupit dans la pauvreté, car la majorité vit avec moins de 108 454 F CFA par an, selon une étude réalisée en 2009. Selon les conférenciers, lorsque la mine est rentrée dans sa phase de production, une liste de doléances a été adressée aux responsables de la mine. La société Nantou, après examen des besoins, a procédé à une répartition entre trois acteurs : l’Etat, la société Nantou Mining et la Fondation Nantou pour le développement. Depuis lors, sur le terrain, il semble qu’aucun acteur ne joue sa partition. Après trois ans d’attente et d’espoir, les populations du village ont décidé de façon pacifique, d’occuper la mine, le 13 mai 2015. C’est au cours des échanges que la population a été informée du versement de quatorze millions environ par mois pour des actions de développement à la Fondation Nantou pour le développement. Deux rencontres ont été fixées avec Mme Rosalie Bassolé, présidente de la Fondation Nantou, les 25 mai et 27 juillet 2015. Il est ressorti des échanges que la Fondation Nantou a investi une partie de ces ressources dans les travaux de réfection du commissariat de police et du haut-commissariat du Sanguié, l’équipement d’un centre de formation, la construction d’une salle de classe à Réo-filles et la réparation de forages. Les populations estiment la contribution de la société Nantou Mining à la Fondation Nantou à plus de cinq cent millions (500 000 000) de francs CFA. Elles se posent la question de savoir à quoi cette grosse somme a servi ? Dans quelle réalisation, elle a été investie ? Pour les conférenciers, la société Nantou Mining a failli à son devoir de contrôle. Après une rencontre manquée avec le directeur général de la mine, les populations ont réinvesti la mine. Suite à la non libération du site, la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) a été obligée d’intervenir pour libérer le site et procédé à des arrestations. Les jours à venir risquent d’être chauds dans la province du Sanguié.
Michel OUEDRAOGO