Burkina: une centaine de personnes devant la tombe de Norbert Zongo pour le 16e anniversaire de sa mort

| 13.12.2014
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Burkina: une centaine de personnes devant la tombe de Norbert Zongo pour le 16e anniversaire de sa mort
© DR / Autre Presse
Burkina: une centaine de personnes devant la tombe de Norbert Zongo pour le 16e anniversaire de sa mort
Une centaine de personnes se sont réunies samedi matin devant la tombe de Norbert Zongo pour rendre hommage, seize ans après sa mort, à ce journaliste burkinabè assassiné le 13 décembre 1998 sous la présidence de Blaise Compaoré, a constaté l'AFP.


Norbert Zongo a été tué alors qu'il enquêtait sur le meurtre sous la torture de David Ouédraogo, le chauffeur de François Compaoré, frère cadet de Blaise Compaoré.

L'affaire incarne les dérives les plus graves du régime du président chassé par la rue le 31 octobre après 27 ans de règne. Aucune condamnation n'avait été prononcée malgré des années de procédure.

Les participants, principalement des responsables associatifs et des membres de la famille de Norbert Zongo, étaient vêtus de noir ou portaient un brassard noir, a constaté un journaliste de l'AFP présent au cimetière de Goughin, un quartier de Ouagadougou.

Ils ont déposé des fleurs sur la tombe de Norbert Zongo ainsi que sur celles de ses trois camarades, dont les dépouilles avaient été retrouvées calcinées dans sa voiture à Sapouy - à environ 100 km de Ouagadougou.

Une manifestation étaiet ensuite prévue dans la capitale burkinabè.

"La lutte doit se poursuivre sur le dossier Norbert Zongo", a affirmé Chrysogome Zougmoré, le président du Collectif contre l'impunité, qui a annoncé la transmission d'une requête "dès la semaine prochaine" au procureur du Faso pour qu'il rouvre l'affaire "sur la base de ce que nous pensons être des éléments nouveaux".

Des dizaines de documents ont été retrouvés il y a un mois lors du pillage de la luxueuse demeure de François Compaoré, dont une partie semblait liée au cas Zongo.

"Nous avons analysé et expertisé ces documents", dont certains "constituent des éléments probants" indiquant que le frère de l'ex-président "est impliqué d'une manière ou d'une autre dans les crimes de Sapouy", a observé M. Zougmoré.

"Nous allons demander la réouverture du dossier", a confirmé Me Bénéwendé Sankara au nom d'un collectif d'avocats.

Après des années d'instruction, le dossier Zongo avait abouti à un non-lieu en 2006, ce que le président intérimaire Michel Kafando a qualifié jeudi d'"injustice notoire" et "flagrante".

"On ne peut pas passer ce forfait en pertes et profits", a-t-il lancé.

Directeur de l'hebdomadaire L'Indépendant, Norbert Zongo était connu pour ses positions critiques du pouvoir. Sa mort avait ouvert une longue crise politique et sociale dans le pays.

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