83 mm de pluie. C'est la hauteur d'eau recueillie par les services de météorologie durant le mois d'avril à Bobo-Dioulasso. Une quantité très importante et qui était bien loin de passer inaperçue par les habitants de la ville Sya.
Lesquels étaient encore à se demander s'il s'agissait de l'installation précoce de la saison pluvieuse avec ces fréquentes pluies en cette période généralement bien chaude. Ce qui est sûr, l'année 2014 a été marquée par des manifestations orageuses au moment où l'on s'y attendait véritablement le moins. D'abord en janvier où la météo annonçait 14 mm de hauteur d'eau enregistrée dans la nuit du 17 au 18 à Bobo-Dioulasso. Anou-veau le 30 mars et juste au lendemain de la clôture de la 17e édition de la Semaine nationale de la culture, les Bobolais se sont réveillés les pieds dans l'eau avec une quantité d'eau de 40,01 mm. C'était alors le début d'une saison qui laissera perplexes les populations de Sya.
Un phénomène jugé inhabituel et qui allait finalement s'accentuer au cours du mois d'avril avec d'abord cette première pluie du 7 avril qui avait fait seulement 0,9 mm. Une semaine plus tard, précisément le 13 avril, toute la ville de Sya sera cette fois plongée dans une sorte de stupeur avec cette avalanche de grêle qui retentissait sur les toitures des maisons et qui avait fait des dégâts.
C'est au total 54,1 mm de pluie qui avait été recueillie en moins de deux heures. Les journées des 20, 23, 28 et 29 avril ne seront pas épargnées par ces précipitations qui, d'ailleurs, donneront lieu à toutes sortes d'interprétations. Si pour les uns ces fortes pluies du mois d'avril, souvent accompagnées de vents violents, dépassent l'entendement humain, pour d'autres, il ne s'agit ni plus ni moins que des conséquences du changement climatique qui caractérise le monde d'aujourd'hui. Pourtant, à l'aéroport international de Bobo, on se veut rassurant. Car pour Richard Singbéogo, chef du Service météorologique, «ces pluies du mois
d'avril que nous avons eues constituent un phénomène normal. Il est vrai que le rythme était plus élevé comparativement aux années précédentes, mais je pense que c'est un phénomène normal. Il n'y a donc pas lieu de paniquer ou de s'inquiéter». Des terres humides, des herbes qui sont en train de refaire surface et un ciel régulièrement couvert de gros nuages, toutes les conditions semblent presque réunies pour le début des travaux champêtres. Et pourtant, la saison des pluies proprement dite est encore à venir à en croire le chef du Service météo de Bobo. Les paysans sont par conséquent invités à attendre encore quelques jours le début de la saison des pluies, qui se situe au milieu du mois de mai.
Jonas Apollinaire Kaboré