A chaque nouvelle étape de ce dossier, notamment lorsque surgit dans la scène médiatique un message nouveau – l'appel des députés de la majorité au référendum – les protagonistes rivalisent de formules plus ou moins chocs et qui pourraient faire mouche aux yeux d'une opinion publique tétanisée par ses joutes verbales.
S'il fallait proposer une anatomie de la situation actuelle, marquée en outre par un emballement médiatique, il serait plus juste de s'en tenir à la realpolitik sachant que dans les relations entre partis, chacun pense détenir la raison avec lui et rien qu'avec lui.
Appelés à se prononcer sur cet appel, les opposants ont embouché la même trompette : « tout va mal on est au bord d'une apocalypse imminente ». Ces peurs du lendemain qu'on agite, même suivant la formule consacrée qui veuille qu'en politique tout soit permis, doit amener les uns et les autres à parler le langage de la politique. Ils sont ainsi nombreux à dire qu'il faut désormais s'asseoir autour d'une table.
C'est cela faire avant tout la politique. La belle preuve nous est donnée par les mouvements armés du Nord-Mali et le Gouvernement de Ibrahim Boubacar KEITA. Après la guerre et elle fut dure, au point qu'elle continue de faire d'autres victimes, ils sont à Alger, ayant compris que la solution se trouve dans le dialogue et pas dans le monologue comme celui qui a cours chez nous.
Il est possible pour nos partis également d'en venir à cette solution qui non seulement produit du résultat, mais qui a fait partout dans le monde, la preuve qu'elle est de loin la moins pire. Qu'est-ce que chaque parti peut dire ou produire aujourd'hui qui ne soit pas déjà connu ou qui n'ait pas déjà été entendu ? Pas grand-chose, sinon rien du tout ! Il est admis de penser que ce ne sont pas les Hommes de bonne volonté qui manquent.
De par et d'autres, il en existe, surtout que tous disent agir pour le bien du Burkina. Un terrain d'entente est donc possible, il suffirait de s'asseoir autour d'une table, à l'exemple de nos ancêtres qui nous ont enseignés les vertus de l'arbre à palabres. Si c'est vraiment ça le Burkina, on trouvera la voie de sortie de crise. Celle que certains nomment le chemin des braves.
Souleymane KONE