L’accompagnement et l’assistance des autorités déconcentrées sont indispensables pour garantir des élections démocratiques, libres et acceptées de tous. C’est fort de ce constat que le chef de l’Etat, Michel Kafando, a convié les gouverneurs des 13 régions et les hauts-commissaires des 45 provinces du Burkina Faso à une concertation sur le thème « Une administration territoriale républicaine au service de l’intérêt général : pour un processus électoral apaisé », le lundi 9 novembre 2015, à Ouagadougou. Dans son adresse à ses hôtes, le président du Faso a situé l’importance des prochaines échéances électorales, qui doivent permettre le retour à une vie constitutionnelle normale. «Ce retour à une vie constitutionnelle normale doit nécessairement passer par une organisation d’élections démocratiques et républicaines. C’est pourquoi, j’ai voulu cette rencontre pour qu’ensemble nous puissions échanger sur les points clés qui nous préoccupent afin de garantir un succès aux élections présidentielle et législatives couplées du 29 novembre 2015 », a déclaré le chef de l’Etat. En tant que dépositaires de l’autorité de l’Etat, il a invité les chefs dse circonscriptions administratives à faire valoir leur rôle de garants des droits fondamentaux des citoyens dans leurs circonscriptions respectives à la veille de ces consultations qui vont approfondir le processus électoral au « pays des Hommes intègres ». Soulignant que les évolutions sociopolitiques en Afrique en général et dans notre pays en particulier ont fait que l’organisation des élections n’est plus l’apanage du ministère en charge de l’administration territoriale seul, Michel Kafando a, toutefois, relevé la nécessaire implication des autorités déconcentrées dans le processus électoral. « En effet, les chefs de circonscriptions administratives ne sont plus au cœur du dispositif électoral proprement dit, mais force est de constater que sans une assistance et un accompagnement sincère de l’administration publique, la Commission électorale nationale indépendante et ses démembrements éprouveront d’énormes difficultés dans l’accomplissement des missions qui leur sont dévolues », a-t-il souligné. De ce fait, il a exhorté les gouverneurs et hauts-commissaires à exercer un rôle d’accompagnement, d’assistance et de facilitation du processus électoral dans la légalité et avec prudence, pour ne pas partager le caractère indépendant de la CENI. Conscient du fait que les périodes électorales sont des moments particulièrement favorables à l’éclosion de facteurs de risques, le président du Faso a souhaité que ses hôtes accompagnent la CENI et ses démembrements dans la sécurisation du scrutin tout en exerçant leurs prérogatives régaliennes de maintien de l’ordre et de sécurité publics.
« Faites preuve de mesure »
Le représentant du cadre de concertation des sages, Moussa Sanogo, a affirmé que le vœu de tous les Burkinabè est la tenue d’un scrutin apaisé. D’où son appel au sens de responsabilité de tous. Pour lui, ces échéances électorales représentent une des étapes importantes de la Transition. C’est pourquoi, au nom du cadre de concertation des sages, il a appelé au sens de la responsabilité des hommes politiques et de tous les Burkinabè durant cette période propice à toutes sortes de surenchères. « Les sages sollicitent de tous le sens de la mesure, le respect de l’autre, de la primauté de l’intérêt supérieur qu’est la Nation. Tous, nous devons cultiver l’honnêteté intellectuelle, l’esprit de tolérance et le respect scrupuleux du pacte de bonne conduite signé par les candidats, les formations politiques, les organisations de la société civile, les médias... », a lancé Moussa Sanogo. Quant au gouverneur de la région du Centre, Joachim Somda, il a indiqué que la présente rencontre est une initiative salutaire d’autant plus qu’elle a permis d’outiller les chefs de circonscriptions administratives en vue d’accompagner de façon efficace, au niveau déconcentré, le processus électoral que le gouvernement de la Transition met un point d’honneur à conduire à bon port malgré les nombreuses péripéties. Il a promis que les autorités déconcentrées vont jouer leur partition pour relever le défi d’un processus électoral réussi.
Karim BADOLO