Révision des listes électorales : Des aides-opérateurs «désertent» à Guibaré

| 07.05.2014
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Le patron de l'UPC, Zéphirn Diabré s'adressant aux jeunes
© DR / Autre Presse
Le patron de l'UPC, Zéphirn Diabré s'adressant aux jeunes
A Guibaré (dans la province du Bam) ce 6 mai, nous avons appris que 4 aides-opérateurs de la CECI locale ont plié bagages, pointant du doigt les 1 000 F CFA de rénumération qui leur sont donnés par jour. C'était à l'occasion de la visite du président de l'UPC, Zéphirin Diabré, dans la localité, où il est allé encourager et appeler les populations à s'inscrire sur les listes électorales afin d'opérer le changement en 2015.

«C'est une opération que l'UPC a décidé de lancer pour encourager tous ceux et toutes celles qui n'ont pas encore leur carte d'électeur à le faire. Nous avons d'ailleurs produit un spot publicitaire qui sera diffusé sur les ondes de la chaîne nationale et les autres médias du pays pour sensibiliser les populations et les encourager à y aller. Nous avons pensé aussi qu'il fallait poser des actes concrets en allant sur le terrain, c'est pour cela que nous sommes aujourd'hui à Guibaré pour accompagner les jeunes à avoir leur carte d'électeur afin de pouvoir exercer leur droit de vote et opérer le changement» ; c'est en ces termes que Zéphirin Diabré a expliqué la mission du jour dans la province du Bam.

La venue de la délégation de l'UPC dans la bourgade a certainement fait bouger les choses, à en croire le trésorier de la CECI de Guibaré, Sayouba Soré, qui nous a confié qu'à ce jour, 6 mai 2014, il n'y avait qu'une dizaine d'inscrits. «L'engouement pour le moment n'est pas grand, mais je pense que cela est dû au fait que beaucoup de gens s'étaient inscrits en 2012. Cela dit, nous espérons que les gens vont venir», a-t-il déclaré.

Un fait qu'a bien sûr remarqué le visiteur du jour, malgré la mobilisation de la jeunesse de la localité à l'occasion de sa venue : «Le constat est qu'ici on ne sent pas d'engouement puisque selon les opérateurs, le nombre d'inscrits n'est pas élevé. Peut-être que cela est dû à un problème d'information, et si notre arrivée peut faire changer les choses, c'est tant mieux».

Où sont passés les aides-opérateurs ?

A notre arrivée à l'école primaire de Guibaré dans la matinée du 6 mai, nous n'avons trouvé que l'opératrice d'enrôlement, Fatoumata Koné, en compagnie du trésorier de la CECI, Sayouba Soré. Les quatre aides-opérateurs ayant préféré prendre congé d'eux.

Pourquoi ? «Ils ont estimé que les 1000 FCFA qu'on leur donne par jour ne sont pas à la hauteur de leurs attentes. Il faut reconnaître que ce n'est pas facile, quand on sait que souvent on a plus de 20 km à parcourir pour aller enrôler des citoyens alors que le litre d'essence, on l'achète à 800 FCFA. Il est difficile de tenir avec seulement les 200 FCFA restants pour se nourrir. C'est la raison pour laquelle ils ont préféré abandonné, surtout qu'en 2012 on donnait 3000 FCFA par jour pour la même tâche», nous a expliqué Sayouba Soré.

En plus de cela, se pose le problème de salle d'enrôlement. «Vous savez que ce n'est pas encore les vacances, donc les élèves sont toujours là. Ce qui fait que nous sommes obligés de travailler dehors, et ce n'est pas évident. Mais je pense que le président de l'APE de l'école devrait passer bientôt pour que l'on trouve une solution à cette situation», a ajouté Fatoumata Koné, qui a entre-temps reçu le coup de pouce d'autres aides-opérateurs dépêchés sur place.

A l'issue de la visite, nous avons demandé l'avis de Zéphirin Diabré sur cette situation, mais le chef de file de l'opposition a préféré jouer la carte de la prudence : «Nous disons qu'il faut tout mettre en œuvre pour que la CENI puisse jouer pleinement son rôle. Nous toucherons la CENI pour comprendre, mais il est bon que ceux qui ont été recrutés comme aides-opérateurs soient traités convenablement».

M. Arnaud Ouédraogo

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