Il faut peut-être comprendre tout simplement que Blaise Compaoré n'a encore rien décidé et qu'il poursuit plutôt la réflexion. Ainsi, malgré les déclarations fracassantes de ses partisans annonçant l'imminence du référendum, le chef de l'Etat n'a toujours pas convoqué le corps électoral. Soit il ne veut pas de référendum, mais laisse quand même ses partisans donner la réplique à l'opposition, soit il cherche le moment propice pour le faire. Dans ce deuxième cas de figure, il pourrait avoir décidé de laisser passer la période des examens pour convoquer le corps électoral. Cette hypothèse aurait le désavantage de tenir le référendum en pleine saison pluvieuse avec l'inconvénient de ne pas mobiliser les populations des campagnes. C'est un risque trop gros que ne peut se permettre le Blaiso, car c'est dans les campagnes qu'il peut espérer faire triompher le oui. Il est également possible que, comme toujours, il garde le silence pour jouer sur le temps pour essouffler le mouvement de contestation. L'expérience a montré que les frondes sociales résistent difficilement au temps. Le mini-échec du meeting de l'opposition à Bobo-Dioulasso s'inscrit dans ce sens.
Les hésitations du président du Faso peuvent aussi trouver leurs causes dans la peur de l'inconnu. Blaise Compaoré n'a aucune garantie sur sa sécurité une fois qu'il partira de Kosyam. Il craint d'avoir à affronter la justice internationale au sujet de certains dossiers, comme ceux de la Côte d'Ivoire, et surtout ceux du Liberia. Le beau Blaise pourrait être en train de négocier des garanties auprès de la communauté internationale avant de renoncer à briguer un nouveau mandat.
Mais il se peut aussi qu'il a peur de trop brusquer les choses, pour ne pas donner le prétexte à des putschistes. Certains estiment que ses différentes sorties étaient des tests pour recueillir et analyser les réactions des militaires à toute tentative de sa part de passer en force. En tout état de cause, le chef de l'Etat doit prendre en compte le refus de la Cedeao de toute modification de la loi fondamentale dans le dernier semestre des mandats des chefs d'Etat. Blaise Compaoré doit donc se prononcer dans les mois à venir, probablement au mois d'août. Il ne peut pas indéfiniment jouer avec le temps pour rebondir politiquement. En 27 ans de pouvoir, il sait mieux que quiconque que dans certaines circonstances, la politique de l'autruche est la pire des politiques. On peut donc affirmer, sans risque de se tromper, que dans la tête du Blaiso, les choses sont claires. Il attend le moment idéal pour déballer son plan, qui pourrait surprendre plus d'un. Pour éviter toute fuite qui compromettrait son plan, le chef de l'Etat se méfierait même de son proche entourage. Mais le beau Blaise a-t-il toujours toutes les cartes en main pour créer la surprise?
Adam Igor