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Dialogue : Verte colère, vaines attentes ?

| 14.02.2014
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Dialogue : Verte colère, vaines attentes ?
© DR / Autre Presse
Dialogue : Verte colère, vaines attentes ?
Il est connu dans les milieux culturel et politique burkinabè pour avoir assumé plusieurs fonctions et responsabilités, dont, sans aucun doute, l'une des plus importantes aura été celle de ministre d'Etat sans portefeuille. Pour autant Ram Ouédraogo, qui se présente comme le père de l'écologie politique au Faso, n'a pas toujours été en odeur de sainteté avec le pouvoir en place. Et même qu'au lendemain d'une disgrâce mal digérée, il s'est fendu d'un violent réquisitoire contre ses alliés et d'un livre dans lequel l'homme ne cachait ni sa déception, encore moins sa frustration. Lui qui, en des mots à peine voilés, laissait entendre qu'il a été payé en monnaie de singe alors même qu'il aurait usé de tout son poids et de son talent pour sauver le régime Compaoré de la déroute. La plainte a-t-elle été entendue? En tout cas Ram, lui, n'a pas mis longtemps pour repasser dans le camp du pouvoir. Membre du Front républicain qui défend la tenue d'un référendum pour dynamiter l'article 37 de la Constitution, il crache de plus en plus ses vérités à la face de ses adversaires.

Un autre homme politique qui s'est également révélé à la faveur des derniers événements dans le pays, c'est sans doute Salvador Yaméogo. Eh oui, l'ex-député et par ailleurs frère cadet d'Hermann Yaméogo, le président de l'UNDD, est lui aussi de retour dans la maison pouvoir. Et ce après avoir tenté une expérience partisane, dont le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas connu tout le succès escompté. Désormais réconcilié avec le chantre du tékré, Salvador veut se trouver une place dans le marigot politique version Front républicain. Au point d'emboucher la trompette de la critique à l'encontre des marcheurs du samedi.
Comme on peut aisément le constater, les remous actuels dans l'espace politique local sont propices à bien des rapprochements. Et parfois à de vertes récriminations...

Ram: Salvador, ainsi tu es de retour dans la maison!
Salvador: Apparemment tu m'y as précédé, à ce que je constate.
Ram: Tu sais, mon frère, c'est le moment de reboiser dans ma parcelle politique.
Salvador: Super, alors! Et tu auras assez d'eau pour arroser les plants?
Ram: Aucune inquiétude à ce sujet. Tu fais confiance à mes talents de pépiniste, je suppose! Même Blaise en est convaincu aujourd'hui.
Salvador: Ah bon?
Ram: Ah oui! Actuellement le CDP est en pleine crise. Par conséquent nous devons tenir le bon bout! Et qui pour sauver le capitaine?
Salvador: Mon grand-frère, bien entendu, le stratège international, docteur ès remorquages politiques de navires et de personnalités en difficultés.
Ram: Oui, je comprends bien. Mais nous aussi, nous sommes là, hein!
Salvador: En effet, mais le combat va être dur, n'est-ce pas?
Ram: Oh! ne t'en fais pas. C'est pour cela que j'ai commencé à marquer mon territoire... Et gare à l'opposition cabri. Elle nous trouvera sur son chemin.
Salvador: Oui, j'ai d'ailleurs suivi ta prestation l'autre jour! Magistrale! Tu étais vert de rage et rouge d'amertume.
Ram: Ça valait le coup, mon cher! Avec ces gars-là, il faut savoir se faire respecter. Ils pensent que parce qu'ils ont pu remplir la place de la Nation, ils peuvent tout se permettre! Moi aussi, si je veux, je peux remplir l'espace OR... Et alors!
Salvador: C'est pour cela que moi aussi j'ai dit mes quatre vérités. La foule, ce n'est pas le peuple, hein!!! Je le dis et je répète... La seule fois où y avait le peuple dehors, c'était le 3 janvier 1966.
Ram: Oui, et nous aussi on peut mobiliser.
Salvador: D'ailleurs, faut que le président hâte le remaniement. Ça urge.
Ram: En tout cas, moi, je vais être clair. Cette fois-ci je veux un ministère avec un gros porte-monnaie.
Salvador: Avec portefeuille, tu veux dire?
Ram: Ouais, tout ça c'est la même chose.

Propos recueillis, au siËge du Front rÈpublicain, par JJ

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