Des mouvements étudiants au monde du travail, BB, lui, a attendu patiemment le moment opportun pour enfin passer de l'ombre à la lumière. Profitant ainsi de l'alternance à la tête de la CGTB, même si beaucoup se refusent, par dogmatisme sans doute, à employer ce terme. Qu'à cela ne tienne, il est devenu ainsi le nouveau Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina, la CGT-B. Dans un contexte politique et social national marqué par de fortes crispations au sein du monde du travail, inutile de dire que les premiers pas du SG sont scrutés avec minutie. Aussi bien par l'opinion nationale que par ses propres éléments. Et qui mieux que son prédécesseur, Tolé Sagnon, peut apprécier la nouvelle cadence imprimée aux troupes. En effet, bien que retiré des affaires, l'Homme demeure sans aucun doute le référentiel de choix pour bien des gens. Et pour cause, c'est lui qui, par son leadership, a imprimé sa marque actuelle à la CGT-B. Et ce durant plus de deux décennies. Toute chose qui en fait une personnalité de référence dans le milieu syndical burkinabè.
Entre Bassolma Bazié et Tolé Sagnon, le passage de témoin reste ainsi dans la logique d'une nécessaire continuité. Ce qui vaut bien quelques réglages entre responsables.
Bassolma: Mon généralissime, comment appréciez-vous mes premiers pas à la tête du syndic? Même si j'avoue que ce n'est pas facile de chausser comme vous...
Tolé: Oh! tu sais, je chausse modestement en moyenne du 48, fiston.
Bassolma: Du balaise!
Tolé: Du lourd, du spécial. Eh oui. Et avec beaucoup de métier en plus. Tu sais que pour faire du Tolé il faut beaucoup de luttes. Cela dit je crois qu'il est encore trop tôt pour porter une appréciation actuellement sur ce que tu fais.
Bassolma: Et pourquoi donc?
Tolé: Eh bien, parce que c'est un peu tôt et en plus la météo politique et sociale n'est pas très bonne en ce moment au Faso. Et tu le sais. Par conséquent j'attends de te voir plus à l'œuvre.
Bassolma: Je comprends. Et je saurai me montrer digne de l'engagement que j'ai pris devant les militants.
Tolé: On verra bien. Y en a bien qui ont promis de respecter et de faire respecter la Constitution... Soyons donc patients. Les événements nous diront ce qu'il faut faire ou ne pas faire.
Bassolma: C'est pour cela que j'ai dit au gouvernement que les travailleurs burkinabè ne sont pas des garibous.
Tolé: Oui et nous exigeons l'amélioration de leurs conditions de vie et de travail et non des mesures dites sociales.
Bassolma: Cela est d'autant plus vrai que les gens croient souvent à tort au gouvernement, sentant qu'ils peuvent nous rouler continuellement dans la farine. D'ailleurs, nous allons bientôt confisquer les clés de la boulangerie. Et on verra bien comment ils vont cuire leur pain social.
Tolé: Tu as dit tout cela?
Bassolma: Non, j'ai juste donné un petit son. Mais je vais encore frapper fort. C'est promis. Dites, je peux cogner encore?
Tolé: Affirmatif. Mais c'est déjà bien ce que tu fais, même si, selon ce que j'ai entendu dire, tu préfères le costard au treillis syndical, camarade. Mais je le répète encore une fois, pour l'instant je réserve mon appréciation. Elle viendra plus tard.
Bassolma: Je n'en serai que plus motivé. Et bien entendu nous irons chercher la victoire jusque dans les zones rouges, s'il le faut.
Propos recueillis, par JJ, ý la Bourse du Travail de Ouagadougou JJ