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Démissionnaires du CDP : S'inspirer de Sall et de IBK

| 21.01.2014
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Démissionnaires du CDP  : S'inspirer de Sall et de IBK
© DR / Autre Presse
Démissionnaires du CDP : S'inspirer de Sall et de IBK
D epuis la saignée des militants du Congrès pour la démocratie et le progrès qui ont décidé d'aller voir ailleurs, les Burkinabè se mettent à rêver sérieusement de l'alternance pacifique au sommet de l'Etat. Simple rêve jamais réalisable? Certainement pas, et l'histoire de la sous-région offre les meilleurs des exemples.

Au Sénégal, d'abord. Comme Roch Marc Christian Kaboré, Macky Sall était un pilier du cercle qui entourait Abdoulaye Wade. Comme RMCK, il a assumé les fonctions de Premier ministre puis celles de président de l'Assemblée nationale. Si pour Macky le problème était Karim Wade, le fils du président, ici au Faso les démissionnaires ne supportaient donc plus d'être assujettis à François Compaoré. L'actuel chef de l'Etat sénégalais a perdu tous ses galons au sein du PDS, le parti présidentiel d'alors, dès qu'il a voulu s'attaquer à Karim Wade. Il en est de même de RMCK et de sa bande qui ont maille à partir avec la FEDAP/BC, donc avec François Compaoré. Dans les motivations profondes, même s'ils ne le disent pas, les démissionnaires du CDP en ont marre de devoir se soumettre au "pétrit président" qui, visiblement, fait le beau temps et la pluie au sein du parti présidentiel, et même du gouvernement. Plusieurs ministres répondraient ainsi directement de lui.

Si après avoir claqué la porte du parti présidentiel en 2008 Macky Sall a pris sa revanche sur Wade, pourquoi Roch ne le ferait-il pas au Burkina? Surtout que, plus près de nous, un autre baron de la politique de son pays a connu le même cheminement. Ibrahim Boubacar Keïta, l'actuel président du Mali (qu'on présente comme un ami de Roch), a lui aussi été Premier ministre puis président de l'Assemblée nationale, avant d'accéder à la plus haute marche de la responsabilité politique de son pays. Là aussi, il lui a fallu un courage pour s'affranchir de son mentor qu'était Alpha Omar Konaré, en créant son parti politique, le Rassemblement pour le Mali, en 2001. Roch et son groupe, se fondant sur l'adage qui dit qu'il n'y a jamais deux sans trois, peuvent-ils espérer être ce troisième cas pour confirmer la règle?

Pour cela, ils se doivent de travailler dur, car il n'y a aucun mérite particulier à quitter un parti présidentiel. Au Burkina, on attend des démissionnaires qui vont bientôt créer leur propre parti politique qu'ils mouillent le maillot, c'est-à-dire qu'ils s'investissent sans calcul dans la lutte politique, notamment contre la révision de l'article 37 et contre la mise en place du sénat. Plus que les autres hommes politiques, c'est sur ces deux points qu'ils seront particulièrement attendus. Car, faut-il le rappeler à nouveau, dénoncer les tares du parti au pouvoir n'est pas une carte d'embarquement pour Kosyam; il en faut encore plus. Roch Marc Christian Kaboré et ses camarades sont du reste bien placés pour le savoir. Le premier coup d'essai peut être le coup de maître, à l'exemple de Macky Sall, qui a fait un coup K.-O au Sénégal, mais ils doivent aussi inclure dans leur scénario une dose de patience comme pour IBK au Mali, qui a dû se reprendre par trois fois (2002, 2007 et enfin 2013) avant d'atteindre le sommet de Koulouba.

Ne pouvant plus bénéficier des facilités offertes aux militants des partis au pouvoir, les démissionnaires doivent attacher leur ceinture, sinon leur avenir politique peut être en pointillés, à l'image de Hama Amadou du Niger qui, lui aussi, a claqué la porte du MNSD, le parti présidentiel sous Tandja, sans réussir pour autant à conquérir la présidence nigérienne.

La marche du 18 janvier prochain sera un bon test pour tous ces ex' du CDP. Mieux que la création de leur parti politique dans les jours à venir, c'est leur présence aux côtés de l'opposition politique qui sera leur nouvelle identité visuelle.

Adam Igor

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