Parlement de transition : Le décor est planté

| 19.12.2014
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Parlement de transition : Le décor est planté
© DR / Autre Presse
Parlement de transition : Le décor est planté
Après la cacophonie qui a entouré sa mise en place, avec notamment les tiraillements autour de la désignation de ses membres, le Conseil national de transition est résolument au travail avec fougue, prolongeant certains de ses travaux jusqu'à 2 heures du matin. Son règlement a été validé par le Conseil constitutionnel qui a accepté -et donc consacré- l'octroi du titre de "députés" aux animateurs de ce CNT.


Les 90 députés de la transition sont donc à la tâche. Ainsi ont-ils clos leur session spéciale en fin de semaine dernière. Celle-ci a permis de mieux découvrir la configuration de cette Assemblée de transition. Elle a quelques différences de taille dans son fonctionnement d'avec l'ancienne Assemblée nationale, mais pour une bonne part, c'est du coupé collé.
Comme le précédent Parlement, le CNT est organisé en Commissions générales pour étudier les textes de loi qui lui seront soumis. On en dénombre quatre. Les députés de transition se sont aussi organisés en groupes parlementaires. En fait, ce sont les différentes composantes qui se sont muées en groupes politiques. On imagine déjà la difficulté qu'éprouveront les présidents de certains de ces groupes pour aboutir à une consigne de vote.

Cela est particulièrement vrai pour le groupe parlementaire des Organisations de la société civile et celui de l'ancienne opposition. Les velléités d'indépendance auront très probablement raison de la cohésion du groupe.
Le CNT s'est aussi doté d'un bureau, son organe dirigeant.
Ce dernier, calqué sur celui des cinq législatures de la Quatrième République, se compose de quatre vice-présidents, de deux questeurs et de six secrétaires parlementaires. L'Assemblée nationale de transition a procédé à la désignation de ses membres qui siégeront au sein des instances parlementaires internationales et interafricaines comme le Parlement de l'Uemoa, de la Cedeao, le Parlement panafricain et l'Union interparlementaire.Comme l'Assemblée sortante, le CNT aura à travailler avec le personnel administratif qui, après plus de deux décennies d'existence, est maintenant expérimenté, notamment en matière de procédure parlementaire. Chérif Sy et ses hommes ne partiront pas de zéro. Ils s'appuieront sur une direction générale des services législatifs rompus à la tâche.
Le règlement du CNT prévoit que le chef du gouvernement fasse une déclaration de politique générale devant les députés. Dans les semaines à venir donc, Yacouba Isaac Zida aura à justifier ses choix politiques devant les députés.

La principale différence entre le CNT et les précédentes législatures réside dans la tenue des sessions parlementaires. Contrairement à la pratique qui avait cours jusque-là, qui consiste en la tenue de deux sessions ordinaires, les députés de la transition auront une session unique. C'est dire que l'Assemblée devient un service à feu continu. Une fois la session ouverte, elle ne se refermera qu'à la fin de la transition. Ce choix est certainement en relation avec les grandes attentes du CNT. Il aurait été hasardeux de fixer des périodes de sessions alors que les textes de loi seront élaborés au fur et à mesure pour être soumis à l'Assemblée nationale qui les examinera. En effet, ce Parlement doit aller au-delà des dossiers autres que les traditionnels votes du budget. Les députés sont attendus sur les textes qui donneront au pays des Hommes intègres les fondements d'une démocratie au service du peuple. Les lois adoptées doivent mettre en place des institutions fortes à même de lutter efficacement contre la corruption et d'asseoir une société de justice pour tous. On attend aussi les nouveaux députés sur la fixation de leurs émoluments. Auront-ils la sagesse de ne pas les fixer trop colossaux?


Adam Igor

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