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Les vues de l’opposition burkinabè : « Le peuple est avec nous »
Nul n'oserait encore entretenir un doute une seule seconde sur l'inéluctabilité de la tenue d'un référendum chez nous, maintenant et plus que jamais.
Après que l'opposition a affirmé avoir établi la preuve par neuf samedi 23 août dernier que le peuple se tient, tout vent debout, dans son camp. Il ne reste plus qu'à nous tous de faire confiance au peuple dès maintenant. Allons au référendum !
Faire confiance au peuple, sauf tous ceux-là qui, à longueur de journées et en talentueux intellectuels, s'essayent à nous convaincre qu'une telle consultation électorale ne serait faite que pour les grandes démocraties. A titre d'exemple, celle qui est en place en Suisse.
Dans cette contrée bien sage et civilisée en effet, pour un oui ou pour un non, on se donne rendez-vous, sans détour ni débat, « dans l'arène du souverain suprême » A lui d'indiquer le bon chemin au travers de l'acte le plus incontesté : le verdict populaire.
Autant dire que cette Suisse, dans la plus pure tradition démocratique, s'éloigne des manifestations qui consistent à marcher jusqu'à user de ses chaussures pour mieux se consacrer aux choses du développement et qui maintiennent sa force et sa grandeur.
Comme quoi, il est admis que les termes grand et fort ne sont pas forcément antinomiques. Quitte à nous inspirer des modèles qui font référence, la division qui est maintenant devenue réelle, et qui de jour en jour s'approfondit, a besoin d'un acte qui puisse fédérer et réconcilier.
Trancher puis ranger aux oubliettes dans le marbre cet article qui n'a pas fini de ronger, disent certains, le tissu social. Le samedi donc, l'opposition, a écrit un confrère, a réussi une prouesse en battant son propre record. Si, selon un de ses chefs de file, il y avait cent mille personnes lors de cette marche, comparée cette estimation aux deux millions cinq cent mille habitants de Ouagadougou, il ya encore du chemin à faire pour savoir réellement ce qu'en pense une telle masse.
Comment le savoir ? Grande question n'est-ce pas ? Autant que soit honnie la consultation du peuple pour ces marcheurs du samedi, autant cette consultation s'avère par ce record battu et pourquoi pas pulvérisé, incontournable sinon indispensable.
Au moment où l'opposition n'est plus réduite à sa portion congrue, n'existant que grâce à la bienveillance de la presse qui, magnanimement, publiait ses déclarations sur deux pleines pages, elle ne peut plus ainsi balayer d'un revers de main cette éventualité d'un référendum.
Si elle est autant sûre de sa grandeur, ne parlons pas de force, ou plutôt de celle de ses dirigeants, elle n'a pas à refuser d'aller au peuple. Etant devenue majoritaire, puisqu'elle le dit haut et « grand », de quoi a-t-elle peur cette opposition ?
A moins qu'elle s'amuse à l'agitation pour enfin marquer sa nouvelle existence. C'est le chemin de la paix sociale et de la quiétude pour tous. Le voir autrement est un manque de vision et pis, de courage politique.
Souleymane KONE
Source : L'Hebdomadaire du Burkina N°796 du 29 Août au 04 Septembre 2014