Mesures sociales du Gouvernement : Un ascenseur pour "sortir" de la précarité

| 20.01.2014
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Mesures sociales du Gouvernement : Un ascenseur pour "sortir" de la précarité
© DR / Autre Presse
Mesures sociales du Gouvernement : Un ascenseur pour "sortir" de la précarité
Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a présidé, le 17 janvier 2014, à Ouagadougou, les concertations nationales sur les mesures sociales prises par le gouvernement en septembre 2013, en présence de plusieurs bénéficiaires venus des 13 régions du Burkina Faso.

Trois mois après la mise en œuvre des mesures sociales prises par le gouvernement pour améliorer les conditions de vie des populations, l'heure est à l'évaluation. Selon quelques chiffres fournis par le ministre de l'Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, au 17 janvier 2014, à Ouagadougou, plus de 20 milliards de francs CFA ont été injectés dans l'économie nationale, 89 000 emplois créés. L'ouverture des boutiques-témoins a entraîné la baisse des prix des céréales dans certains marchés de l'ordre de 10%. L'ensemble des engagements pris par le gouvernement ont été exécutés à près de 100% avec une enveloppe financière de 64 milliards de F CFA. Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a estimé qu'à travers les 64 milliards de F CFA mis à la disposition des populations, le gouvernement a voulu apporter une réponse conjoncturelle aux préoccupations des différentes couches sociales. Ces dernières, a-t-il dit, s'inscrivent en droite ligne des actions engagées par le gouvernement en vue de renforcer la solidarité nationale, de relever le pouvoir d'achat des populations, de lutter contre le chômage et le sous-emploi. Mais, l'impact des mesures sociales gouvernementales au profit des populations, ce sont les bénéficiaires qui en parlent mieux. Et les témoignages au cours du face à face avec le gouvernement en disent long sur les retombées réelles de ces actions de septembre 2013 de l'exécutif burkinabè sur leur quotidien. Si l'on en croit les bénéficiaires, le programme de travaux de Haute intensité de main-d'œuvre (HIMO) a été celui qui a répondu au mieux à leurs attentes. Selon Madeleine So, une bénéficiaire de la région des Cascades, le programme HIMO a fait reculer la prostitution dans cette partie du Burkina Faso. « Le programme HIMO a permis aux filles de la région de garnir leur garde-robe, de payer des vélos, et même des motos d'occasion », a-t-elle déclaré. Afin que le chef du gouvernement se rende compte des bienfaits du programme HIMO, elle a lancé une boutade à Luc Adolphe Tiao : « Monsieur le Premier ministre, si vous rentrez maintenant dans notre Centre de santé et de promotion sociale, à Tiéfora, c'est propre. C'est comme Paris. » Hilarité générale. « Le projet HIMO a permis de diminuer les cas de vol dans notre région », a souligné, pour sa part, un jeune du Kénédougou. Dans le Séno, la satisfaction est la même. « HIMO est devenu I am gold », a indiqué un représentant de Dori, en référence au nom d'une société minière installée dans la région du Sahel.
Dans la région du Centre, les femmes de la Brigade verte se sont réjouies de voir leurs salaires passés de 12 000 F CFA à 37 000 F CFA. « Certaines femmes ont abandonné la vente du gravillon au profit des travaux HIMO », a confié une bénéficiaire.

Poursuite de la vente des céréales à prix social

C'est pourquoi, les intervenants à la rencontre, les uns après les autres, ont exprimé leur gratitude au gouvernement : « merci, barka, wend na ree (Merci, Dieu vous le revaudra, en langue nationale mooré », a-t-on entendu dans la salle de conférence de Ouaga 2000. Au regard des retombées générées par le programme qui a pris fin en 2013, ils ont souhaité sa prorogation, voire sa pérennisation. Une doléance examinée dans la foulée par le chef du gouvernement qui a promis de le reconduire et l'améliorer sur une période de trois mois en 2014. Luc Adolphe Tiao s'est également engagé à conduire et à étendre la vente des céréales de la Société nationale de gestion des stocks de sécurité (SONAGESS). Mieux, le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Arthur Kafando, n'a pas écarté la possibilité d'adjoindre à cette opération, la vente des produits comme le lait et l'huile. Pour le reste, pas de promesse. Toutefois, le gouvernement a précisé que les autres doléances à lui soumises seront examinées avant la prise d'éventuelles nouvelles mesures. Du reste, plusieurs participants à la rencontre ont fait savoir que la vente des céréales à prix social a permis de maintenir les prix des denrées sur le marché à un niveau acceptable.

Cependant, tout n'a pas été rose dans la mise en œuvre de ces mesures gouvernementales. Les volontaires adjoints de sécurité routières (VADS) ont relevé l'insuffisance de matériels de travail (gilets, chaussures), mais aussi les nombreux risques d'accidents auxquels ils sont exposés. Ils ont suggéré au chef du gouvernement d'intégrer certains d'entre eux qui disposent de diplômes universitaires dans la police municipale ou nationale ou encore de les dispenser du Service national pour le développement (SND). Une demande qui n'a pas reçu l'aval du ministre de l'Administration territoriale et de la Sécurité, Jérôme Bougouma. Certains travailleurs du programme HIMO n'ont pu entrer en possession de leur paie, faute de pièce d'identité. Les bénéficiaires ont également décrié la complexité des procédures d'obtention des fonds nationaux et leurs délais jugés trop longs. En réponse à ces préoccupations, le gouvernement a dit avoir pris bonne note et s'est engagé à les améliorer dans les actions futures.

Kossaomanè Anselme KAMBIRE

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Le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, Arthur Kafando dresse le bilan des concertations :

« Nous avons pu, avec l'ensemble des bénéficiaires et des acteurs, faire le point des mesures sociales qui ont été prises, notamment dans tous les axes, au niveau des travaux à Haute intensité de main-d'œuvre (HIMO), au niveau des universités, des contrôles des prix, de la réduction des prix des produits sur le marché, des travailleurs (indemnité de logement, de suggestion). Les débats sont en cours pour finaliser les questions sur les indemnités qui n'ont pas encore été octroyées. Je retiens les témoignages très significatifs des acteurs qui nous montrent le bien-fondé des mesures. Ce qui prouve que les premières autorités ont eu raison de lancer les mesures sociales. Certaines personnes ont expliqué qu'elles leur ont permis de sortir de leur état de précarité. Ce qu'il faut maintenir, c'est la soutenabilité des mesures pour que, sur la durée, ces personnes puissent tirer un meilleur profit de ce qui est octroyé pour se construire, se former et avoir accès à des emplois plus durables et stables. Le Premier ministre a dit, dans sa conclusion, que certaines mesures seront reconduites. Il faut aller vers des niveaux plus évolués parce qu'on peut ne pas avoir, à un moment donné, besoin de poursuivre un programme parce qu'on juge qu'il a été satisfaisant et qu'il a produit son impact sur le terrain. Son excellence a annoncé que les boutiques-témoins seront maintenues parce que la réduction des prix des produits sur le marché est nette. Il en est de même pour les travaux à Haute intensité de main-d'œuvre. Pour les autres mesures, les discussions se feront. Mais, il a assuré que certainement, elles seront poursuivies ».

Propos recueillis par
Séraphine SOME/MILLOGO

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Témoignages de quelques bénéficiaires des mesures sociales

Amadou Oumarou, coordonnateur de l'association « l'Alphabet 17 du Sahel » dans l'Oudalan :
« Depuis 10 ans, nous bénéficions de l'appui financier du Fonds national pour l'alphabétisation et l'éducation non formelle (FONAENF). Ce qui nous a permis de créer, entre autres, des centres d'alphabétisation et de formation. HIMO a vraiment été utile pour les populations de la région du Sahel. Dans cette région, il y a un afflux massif de jeunes vers l'orpaillage. Il n'y a pas grand-chose à gagner et ils se fatiguent. Ils sombrent parfois dans la délinquance. HIMO a réduit considérable la pauvreté chez les jeunes et les femmes. Celles-ci arrivent à mener des activités génératrices de revenus. Par ailleurs, beaucoup de jeunes se sont inscrits pour l'alphabétisation. Je salue donc le gouvernement et lui demande de poursuivre ces mesures, en les améliorant surtout au niveau de HIMO et de l'alphabétisation même si c'est sur deux ou trois ans ».

Salifou Kaboré, étudiant à l'Université de Ouagadougou :
« Je suis intervenu sur l'axe 6 des mesures sociales concernant le renforcement des capacités des universités et les mesures d'accompagnement au profit des étudiants, à savoir le relèvement de l'allocation sociale, notamment l'aide et le prêt octroyés aux étudiants. Un budget de 14 milliards de F CFA a été voté pour la rénovation des bâtiments et l'achèvement des chantiers en cours. Cette mesure est salutaire. Concernant le relèvement du prêt FONER, il faut dire que les étudiants ne sont pas encore passés à la caisse. Mais la procédure est bien enclenchée et les nouveaux bacheliers ont commencé à déposer les dossiers pour l'obtention des fonds. Mais, il ne faut pas se focaliser uniquement sur le côté social des universités car, il y a d'autres problèmes qui minent l'enseignement supérieur. Le gouvernement doit travailler à augmenter le budget alloué à l'enseignement supérieur, afin qu'il y ait les infrastructures nécessaires et que toute la communauté universitaire soit dans les meilleures conditions de travail ».

Omar Déra, transporteur dans la région de l'Ouest :
« Je livre des céréales dans les boutiques-témoins de la SONAGESS. La mesure sur la vente de riz à prix social est très salutaire, non seulement pour les consommateurs, mais également pour tous les acteurs de la chaîne de production et de distribution des vivres. Mon vœu, c'est de voir cette mesure se pérenniser au regard du bien-être qu'il a procuré aux populations. Avant, je louais les véhicules pour le transport des marchandises. Mais maintenant grâce aux revenus que j'ai engrangés, j'ai pu acheter ma voiture. Ce qui m'a permis de développer mes activités et d'être plus autonome ».

Adama Kalmogo deuxième jumeau, volontaire adjoint de sécurité du Commissariat de police de l'arrondissement de Baskuy :
« Je salue l'initiative de recruter des volontaires dans le cadre du Programme spécial de création d'emplois. Cela a permis à la jeunesse d'avoir une occupation, d'aider les usagers de la circulation et d'améliorer leurs conditions de vie grâce aux revenus obtenus. Particulièrement, j'ai pu améliorer mes connaissances sur la régulation de la circulation. Cependant, je souhaite que l'Etat revoie la rémunération à la hausse. Par ailleurs, sur le terrain, nous sommes confrontés, entre autres, à l'insuffisance de matériels de travail, notamment les gilets et les bâtons lumineux. Toute chose qui ne favorise pas un travail efficace après le coucher du soleil ».

Paraté Hélène Sawadogo, agent de la Brigade verte à Ouagadougou :
« Je remercie le gouvernement pour les mesures sociales qui ont été prises et qui contribuent véritablement à l'amélioration des conditions de vie de nombreuses personnes comme moi. L'augmentation de notre salaire nous a sorties de notre situation de précarité. Je suis veuve et c'est grâce aux revenus que je gagne en balayant les rues que j'arrive à m'occuper de ma famille. Je ne peux que saluer le président du Faso, tous les membres du gouvernement et le maire de Ouagadougou à qui j'exprime toute ma reconnaissance et surtout mon soutien indéfectible ».

Salam Ouédraogo, responsable de l'Institut des jeunes sourds du Faso à Bobo-Dioulasso :
« Depuis 1987, notre structure qui encadre les jeunes malentendants dans la scolarisation et place des enfants dans les ateliers de formation professionnelle de la ville de Bobo-Dioulasso. Dans le cadre des mesures sociales, nous avons pu avoir un terrain où nous menons des activités avicoles. Aussi, nous avons pu aller vers une prise en charge totale des enfants. Je salue la prise de ces mesures par le gouvernement et souhaite qu'elles soient pérennisées, afin que nous puissions développer plus d'activités pour la prise en charge des enfants. Parce qu'il faut reconnaître que les structures des personnes handicapées traversent des difficultés énormes. En ce qui nous concerne, nous avons pu augmenter la prise en charge des personnes malentendantes et de leur suivi dans les milieux professionnels grâce à un financement d'environ 6 millions 600 mille F CFA ».

Propos recueillis par S.S.M.

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