C’est dans la salle de dialogue du Ministère de l’action sociale et de la solidarité nationale, sis à l’immeuble Baonghin, que les deux parties se sont retrouvées, en cette matinée du 1er septembre 2015. Pour planter le décor, c’est le président du mois des centrales syndicales, Bassolma Bazié, qui, au terme de l’exécution du Ditanyé, chanté en chœur, fera un bref rappel de l’atmosphère parfois exécrable entre les deux parties en quatre points. La tenue de cette rencontre tant attendue, réjouit l’Unité d’action syndicale, car elle permet de voir dans quel sens le gouvernement de la transition prend en compte les préoccupations du monde du travail. Dans son allocution, Bassolma Bazié a tenu à apporter des éclaircies aux supputations qui ont tenté de jeter l’opprobre sur le mouvement syndical, au lendemain de l’insurrection, alors qu’il a pris une part active à l’insurrection, appelé à des poursuites contre les ex-dignitaires, suspendu deux mots d’ordre de grève pour permettre au gouvernement de s’installer et répondu aux invitations des autorités pour échanger sur les conditions de vie et de travail des Burkinabè.
Sur la rencontre proprement dite, le président du mois des centrales syndicales estime que la plate-forme sur laquelle se tiendront les discussions, doit faire l’objet d’un examen sérieux de la part de la délégation gouvernementale, car les réponses données le 10 août dernier, étaient en-deçà des attentes. «Les premières réponses que le gouvernement nous a transmises, comme nous l’avons indiqué dans nos appréciations, nous ont franchement déçus, surtout que certaines constituent un recul grave, comparativement à celles qui nous avaient été servies par le régime Compaoré en 2013», se navre-t-il. C’est sur une note d’espoir qu’il terminera son propos, en émettant le vœu de voir les observations, remises le 18 août dernier par les syndicats, prises en compte pour «fournir des réponses à la hauteur des attentes des organisations syndicales».
Pour sa part, le Premier ministre Zida précisera que cette rencontre traditionnelle, instituée depuis 2009, s’ouvre dans un contexte particulier où le gouvernement de la transition fait face à des grands défis dans le court terme, avec peu de moyens. En dépit de cette conjoncture économique peu reluisante, le chef de l’exécutif rassure. «Au demeurant, le gouvernement mettra un point d’honneur à examiner avec la plus grande attention, l’ensemble des préoccupations à lui exposées dans la plate-forme minimale du 1er mai 2015», a-t-il mentionné. Des précédentes rencontres qu’il a eues avec l’UAS, le Premier ministre note avec satisfaction, la mise en œuvre effective de certains engagements. Il s’agit entre autres, de la création d’un comité tripartite d’aide aux travailleurs victimes des destructions de leurs lieux de travail, lors des manifestations des 30 et 31 octobre, de la mise en œuvre des conclusions des états généraux de la justice, de la création du Programme socioéconomique d’urgence de la transition, des concertations, en vue de la finalisation de la relecture de la loi N°013/98/AN régissant les emplois et les agents de la fonction publique, mais surtout, de la relecture de plusieurs textes en matière sociale et de travail, pour plus d’équité entre les filles et fils du pays. Avant de clore son propos, le chef du gouvernement de la transition s’est dit convaincu qu’avec l’esprit qui a prévalu à cette cérémonie d’ouverture, plusieurs points de convergence sortiront des présentes assises. Rendez-vous est donc pris pour le 4 septembre, pour la suite des discussions.
Dramane KONE