Dans le souci de consolider la confiance des acteurs au fichier électoral burkinabè, de renforcer les mesures d’équité et de transparence, afin de minimiser les querelles qui peuvent naître du fichier électoral, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a sollicité l’expertise de l’Organisation internationale de la Francophonie (IOF). Durant 10 jours, les experts ont travaillé d’arrache-pied et sont parvenus à la conclusion suivante : le fichier électoral biométrique de 2015 est conforme aux standards internationaux, donc fiable pour la tenue des élections présidentielle et législatives du 11 octobre 2015. Selon le chef de la mission, le général Siaka Sangaré, délégué général des élections du Mali, le fichier électoral burkinabè a été passé au peigne fin dans toutes ses dimensions : juridique, administrative, technique et même politique. Et pour lui, tous ces critères ont été respectés et c’est ce qui a permis d’arriver à cette conclusion. Les experts ont également relevé quelques points forts du fichier électoral. Au niveau de l’arsenal juridique, c’est-à-dire le cadre légal et réglementaire, les experts ont conclu que les textes du Burkina Faso sont complets et très faciles à exploiter et respectent les normes internationales. «Au niveau du Burkina Faso, la loi prévoit l’enregistrement, non seulement des Burkinabè résidant à l’étranger, mais surtout, des Burkinabè étrangers résidant au Burkina, ce qui est rare en Afrique et c’est un point extrêmement important», a apprécié le général Siaka Sangaré. Egalement, il a fait remarquer que dans les dispositifs d’enregistrement, les kits ont été parfaitement adaptés et déployés dans tous les villages. A cela, il ajoute qu’il y a un système de sécurité très renforcé autour du fichier électoral. Quant à l’unicité des électeurs, les experts pensent qu’elle est préservée dans le fichier, car il prend en compte l’ensemble du territoire national, mais également, tous les âges. «Sur le système de publication, il y a les affichages, la mise en ligne du fichier électoral et la consultation par SMS du fichier électoral. Donc, l’accessibilité au fichier est assurée et est donc, un gage de transparence», explique Siaka Sangaré. Même si l’expertise de l’IOF montre énormément, des points positifs, des points faibles ont cependant, été relevés.
Quelques points faibles du fichier électoral
Les experts de l’OIF ont mentionné l’absence de texte qui prendrait en compte les modalités pratiques de radiation des électeurs décédés. Aussi ont-ils dénoncé le faible enrôlement des jeunes de 18 à 22 ans, la mauvaise qualité des photos, des anomalies constatées dans les données alphanumériques d’état civil (environ 0,05%). Il faut noter aussi, l’insuffisance des ressources humaines techniques pour la tenue du fichier électoral biométrique, de façon permanente etc. Des recommandations ont été faites par les experts de l’OIF sur la base des points faibles constatés. Pour le président de la CENI, Barthélemy Kéré, c’est un sentiment de satisfaction, car les experts viennent par cet audit, confirmer le travail de qualité abattu par le personnel de la CENI. Il n’a pas manqué de saluer tout son personnel qui s’est sacrifié pour offrir ce fichier. «Je l’ai dit, lorsque je faisais le bilan, que la CENI est satisfaite des conditions de l’enregistrement des électeurs, du traitement des informations et l’état de son fichier électoral et nous avons rendu compte à la classe politique», a révélé le président de la CENI. La contestation du fichier électoral est une forme de contestation anticipée des résultats, mais vu que les experts ont confirmé ce fichier, la CENI pense qu’il ne devrait pas y avoir de contestation Pour avoir eu la chance de participer à plusieurs évaluations de fichiers électoraux, le général Siaka Sangaré estime que le fichier du Burkina Faso se situe au-dessus de beaucoup, avec une moyenne plus que supérieure. De son avis, le Burkina a une particularité : «c’est la capture des empreintes des 10 doigts, ce qui permet de conférer au fichier électoral une certaine fiabilité. Et les 91% des électeurs ont pu fournir ces empreintes. Concernant les documents d’identification, 71% des électeurs se sont fait enrôler sur la base de la présentation de la carte nationale d’identité, alors que dans beaucoup de pays, l’identification sur la base du témoignage, est encore utilisée», conclut-il.
Pélagie OUEDRAOGO.