Dossier RSP : Le Prince, les commissaires, les "avocats" et le peuple !

| 27.02.2015
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Dossier RSP : Le Prince, les commissaires, les "avocats" et le peuple !
© DR / Autre Presse
Dossier RSP : Le Prince, les commissaires, les "avocats" et le peuple !
Le dossier et le sort probable du Régiment de sécurité présidentielle, le RSP, ont donc été confiés, «par le fait du Prince», à une commission technique qui devra se pencher sur le dossier, si ce n'est déjà le cas en ce moment. Elle devra ensuite rendre sa copie dans un délai de trois mois au Chef de l'Etat qui avisera sans doute. Ainsi en a décidé le Président de la Transition, Michel Kafando en personne, qui dit attendre incessamment les conclusions des réflexions menées par les différents experts mandatés pour la circonstance. Pour le reste, chacune des parties en présence a pu avancer ses arguments et ses contre-arguments pour tenter de convaincre de la légitimité de ses prétentions.


C'est le quotidien "Aujourd'hui au Faso" qui l'évoque dans son édition du 23 février 2015 en reprenant une information parue sur le site "226info", avec ce titre: «RSP: qui menace Luc Marius Ibriga?». Il y est notamment question de menaces reçues par le Contrôleur général de l'Autorité supérieure de Contrôle d'Etat, l'ASCE, après les manifestations de protestation de ces dernières semaines, notamment le meeting de la Place de la révolution auquel il a participé aux côtés d'autres organisations de la société civile. Ceci en réponse aux événements du 4 février 2015 à Ouagadougou.

En rappel, ce jour-là le conseil hebdomadaire des ministres n'avait pas pu se tenir en raison de la grogne des militaires du Régiment de sécurité présidentielle. Ces derniers avaient publiquement exigé la démission immédiate du Premier ministre, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, par ailleurs issu de leurs propres rangs ainsi que l'abandon de toute réforme les concernant jusqu'aux prochaines élections d'octobre 2015.
Dans le "Jeune Afrique" N°2823 du 15 au 21 février 2015, Michel Kafando, qui, faut-il le souligner, a un peu repris la main au gouvernail de la Transition depuis le début du mois de février et a par conséquent rééquilibré la balance des rapports de force avec son chef du gouvernement, avoue enfin la réalité de la crise entre son PM et ses anciens camarades.

Il confesse ce que tout le monde savait depuis longtemps déjà. A savoir qu'«Il y avait déjà eu, dit-il, une première crise, le 30 décembre 2014. Le lieutenant-colonel Zida, poursuit-il, qui est aussi ministre de la Défense, avait fait des promesses pour la désamorcer (l'une d'elles concernait le choix du chef d'état-major particulier du chef de l'Etat, un poste très convoité). A l'expiration du délai, les troupes se sont impatientées...»
Kafando, qui semble avoir visiblement foi en sa méthode et aux résultats que celle-ci pourrait donner dans le court terme, reconnaît certes que les revendications qui ont été posées par les soldats grognards ont finalement été acceptées. Ce qui ne signifie pas pour autant, selon lui, que cette entité formellement rattachée à l'armée de terre mais qui a fonctionné dans les faits et pendant plus de deux décennies sous l'ère Compaoré comme un véritable Etat dans l'Etat et souvent comme une police privée au service du régime, «jouera un rôle prépondérant, loin s'en faut».

En tout état de cause, Kafando et sa commission ont désormais tous les éléments en main pour apprécier et orienter leur action dans le sens de l'intérêt général et par rapport à cette affaire qui met visiblement à mal le processus transitionnel.

Ainsi, du côté des défenseurs du maintien du RSP dans sa situation actuelle, peu de gens se sont avancés sur le sujet. Et comme on n'est jamais mieux défendu que par soi, ce sont les militaires du RSP qui ont décidé de sortir de l'ombre pour plaider leur propre cause. Ils ont été suivis peu de temps après par leur ancien patron, le Général Gilbert Diendéré. Celui-là même qui n'a plus de fonction officielle depuis son limogeage mais dont Michel Kafando dit étudier le cas pour éventuellement «des fonctions à lui confier».

A contrario, c'est dans le camp des personnes favorables à une réorganisation, voire à une dissolution pure et simple, du RSP que les voix ont été les plus nombreuses à s'élever et à s'exprimer ouvertement sur la question. Leaders politiques et de la société civile, militaires à la retraite ou en activité, dignitaires religieux, diplomates, hommes, femmes, jeunes et vieux... bref, chacun y est allé de son indignation et de sa petite formule pour fustiger ce que certains ont qualifié de «danger national» et tenter ainsi de remettre les pendules à l'heure de la transition. Et comme pour montrer toute leur détermination à ne pas se laisser faire, ils ont fait la promesse de rester vigilants. Pour eux rien ne doit empêcher la Transition d'être conduite à son terme. Pour cela ils se disent prêts à faire barrage à toute tentative de sabotage.

A. Traoré

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