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Dialogue : Il n'y a pas d'hommes forts sans femmes fortes

| 27.08.2014
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 Sala Compaoré et Fatoumata Diendéré
© DR / Autre Presse
Sala Compaoré et Fatoumata Diendéré
Elle a pour nom Sala Compaoré. Elle est la fille de la richissime Présidente de la Chambre de commerce du Burkina, Alizéta Ouédraogo, qui n'est personne d'autre que l'épouse du maire de Gourcy. Mais Sala, c'est aussi et surtout l'autre moitié de François Compaoré, frère cadet et conseiller du Président Blaise Compaoré. Officiellement elle ne joue aucun rôle politique dans la galaxie Compaoré. Mais sa seule présence aux côtés du frangin du président apparaît, pour bien des gens, comme la preuve du cachet qui peut être donné à telle ou telle manifestation publique. Dans un contexte d'intenses débats sur l'avenir du pays, on peut comprendre l'intérêt de plus en plus marqué de Sala Compaoré.

Beaucoup plus politique en revanche, Fatoumata Diendéré incarne, pour sa part, l'exemple de la femme de pouvoir. Ancienne maire d'arrondissement, aujourd'hui député à l'Assemblée nationale, elle est l'épouse du Général Gilbert Diendéré, l'actuel chef d'état-major particulier de la Présidence du Faso. Certains Burkinabè affirment à ce propos que chez les Diendéré, madame l'Honorable ferait de la politique pour deux. De fait, entre les rumeurs et les informations, Fatoumata Diendéré sait également se donner de la notoriété. Surtout lorsqu'il s'agit d'aller au contact de l'électorat féminin.
Entre Sala Compaoré et Fatou Diendéré, c'est sans aucun doute la politique burkinabè qui se conjugue au féminin. Avec tout ce que cela peut avoir d'attachant... ou pas.

Sala: Grande sœur, toutes mes félicitations à vous! Vraiment que Dieu vous bénisse et vous accorde beaucoup de bonnes choses. Et qu'il ferme la bouche aux jaloux et aux jalouses.
Fatou: Merci, petite sœur. Merci pour tous ces vœux.
Sala: Et surtout que nous soyons des femmes fortes car il n'y pas d'hommes forts sans femmes fortes dans un pays.
Fatou: Oui, mais moi je préfère aussi des hommes grands, comme le mien. Pour que je sois à mon tour une femme grande...
Sala: Oui, mais sauf qu'on peut être fort sans être grand, comme mon type à moi.
Fatou: Oui, mais c'est toujours mieux d'être grand et fort. Ou bien, petite sœur? Comme cela, tu vois tout, tu entends tout, tu as des informateurs partout et ça marche très bien.
Sala: A propos, tu as entendu ce que disent les Ouagalais à ton sujet?
Fatou: Quoi encore, ces Ouagalais? Ils aiment trop les affairages.
Sala: Ils disent que tu veux être Première dame du Faso avant moi.
Fatou: Et qui a dit ça?
Sala: Tu connais Ouaga mieux que moi, hein, grande sœur. En tout cas, c'est ce que j'ai entendu dire.
Fatou: En tout cas, tout ce que je peux te dire, c'est que moi Fatou, je suis déjà Première dame dans ce pays, hein!
Sala: Ah bon? Et depuis quand, dis-moi?
Fatou: Depuis 24 ans. Donc les gens sont très en retard. En effet, n'est pas la femme de l'homme le plus renseigné du pays qui veut... N'est-ce pas, ma chère?
Sala: En effet. C'est bien dit.
Fatou: Donc tu comprends maintenant pourquoi je suis tranquille? Le pouvoir vient à qui sait attendre.
Sala: Oui, je vois effectivement où est-ce que tu veux en venir. C'est que moi aussi je suis Première dame.
Fatou: Han! En comment?
Sala: Eh oui. N'est pas la femme de l'homme le plus proche du Président du Faso qui veut. N'est-ce pas également?
Fatou: Donc, si je comprends bien, nous sommes plusieurs Premières dames dans ce pays, alors!
Sala: Oui, mais, et l'autre? Elle dit quoi dans tout cela? Tu es sûre qu'on peut lui faire confiance?
Fatou: Aucun souci, de toutes les manières il y a de la place pour tout le monde.
Sala: Ah oui? Elle ne sera pas fâchée?
Fatou: Pas du tout. Par contre pour toutes les autres, la condition est de se mettre bien en rang, de suivre la queue et d'attendre bien sagement son tour à la Présidence. Et surtout pas de bousculade.

Propos recueillis, à l'Assemblée nationale, par JJ
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